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Zoom sur Abject One
Nouveau zoom, ce mois-ci dédié à l'artiste multidisciplinaire Abject One, souvenez vous, il était présent à la Jam Graffiti organisé à Valence le 12 et 13 mai dernier...
Mercredi 4 juillet 2012
Nouveau zoom, ce mois-ci dédié à l’artiste multidisciplinaire Abject One, souvenez vous, il était présent à la Jam Graffiti organisé à Valence le 12 et 13 mai dernier. Pour faire plus ample connaissance avec Abject One, nous lui avons posé quelques questions sur son parcours et sur l’univers de ces personnages.
- Comment devient on Abject ?
Mon parcours est celui d’un enfant qui dessine depuis tout petit, s’amusant à reproduire ce qu’il voyait (famille, chien, chat etc.), s’en est suivi une période de dessins assez trash vers l’âge de 11 ans fait de dessins tirés de scènes de films d’horreur. Je crois que les dessins que je faisais inquiétaient ma mère et du fait que je passais mon temps sur une planche à roulettes je pense que j’ai lâché le dessin à cette période. Mon entourage m’a motivé à reprendre le dessin et j’ai réappris à faire confiance à cet exutoire qui me permettait de mettre sur papier ce que j’avais en moi.
Le skate m’a nourrit de son univers graphique et musical (les magazines, la rue, les skateparks, le punk et le hip hop) et mes allers/retours sur la capitale en train les yeux rivés sur les palissades graffées et taguées m’ont donnés le goût à commencer à taguer moi-même. Ma petite ville de Sens avait elle aussi son lot de tagueurs notamment les « KBE » qui m’ont influencés et j’ai rencontré mes premiers acolytes à mon arrivée au lycée et on s’est décidé à monter notre crew, celui-ci s’est ensuite élargi doucement.
Après le Lycée je me suis orienté vers le design car la perspective de mettre en 3d mes idées et la multitude de concepts auxquels je pensais me paraissait être la meilleure solution. Je suis donc parti à Paris faire mon année de mise à niveau et là ça à largement décuplé mes horizons (tags, graffiti, rencontres avec d’autres graffeurs). J’ai continué sur un BTS en design qui s’est avéré être aux antipodes de ce que j’en attendais (niveau poussé en Maths et Physiques, dessins techniques et visites en entreprises de département de création tous à faire du dessin technique). Durant ma deuxième année je me progressivement tourné vers la création graphique (Photoshop) qui me semblait être le prolongement logique du graffiti et du dessin et je me suis acheté ma première tablette graphique. Dans cette petite ville de Troyes j’ai rencontré d’autres graffeurs (Nast R.I.P, Roya, Clone, Pyer, Ankh, Cooler, Pelos et Fam) et on sortait régulièrement taguer et graffer, j’aimais cette facilité d’échanges, de partages, de soirées à sketcher ensemble et partir taguer la nuit tombée.
J’ai donc changé plusieurs fois de blazes jusqu’à mon arrivée à Montpellier en 2002 où j’ai changé pour Abject car je savais que personne ne voudrait de ce nom et j’ai donc continué à parfaire mes personnages qui sont progressivement passés de carrés à ronds au fur et à mesure des années.

- Comment sont nés les personnages qui peuplent le monde d’Abject ?
Petit je dessinais ce que je voyais, ensuite j’ai lu beaucoup de BD dont je recopiais les personnages que j’aimais pour les connaître par cœur (de 7 à 10 ans). Ma période trash m’a apporté mon goût pour le « décalé » (11 à 13 ans), puis les graphismes de skateboards de Jim Philips, Courtland Johnson et Marc McKee entre autre ont largement contribués à ma construction artistique. Avec le graffiti et le Street art j’ai découvert Mode 2, Akroe, Barry Mc Gee et Dave Kinsey et j’ai pu encore découvrir un horizon encore plus large.
Mes personnages sont un lien entre tout ces univers, une résultante d’un long processus de construction graphique et de passages de la vie qui aboutissent à ce que je fait aujourd’hui. Mes personnages sont un peu débiles, gardent une part d’enfance et sont faits de coupes de cheveux années 70, des décalages de parties du visage ainsi que des positions drôles et cocasses, voilà pour l’essentiel.

- Tu es graffiti-artiste depuis 1995, qu’est ce qu’à apporté de plus à ton travail Internet et les réseaux sociaux ?
Internet m’a apporté de la visibilité à l’échelle mondiale bien au-delà du monde de la rue et des graffeurs, les gens partagent, te cherchent et ça devient exponentiel. J’ai commencé à mettre en ligne mes premières pièces sur aero.fr en 2001, y’avait pas encore facebook et tout ça, puis y’a eu Fotolog qui s’est ouvert en 2002 et beaucoup de graffeurs ont commencés à s’y mettre.
J’ai jamais eu trop la patience pour apprendre la programmation et me faire un site donc j’ai débuté avec un blog et un myspace, puis ma copine m’a montré la logique et j’ai fait mon propre site www.abjectone.com en 2 mois pour l’architecture, le plus dur étant d’arrêter de le reprendre sans arrêt et de vouloir absolument qu’il soit parfait sinon je pense que j’y serais encore ( rires).
Il faut donc évoluer avec son temps et apprendre ce qui est incontournable car tes potes qui s’y connaissent n’ont jamais le temps pour te le faire et te payer les services d’un bon infographiste qui ait la patience de faire ce que tu as en tête est vite hors de prix, donc pas d’autre choix que d’apprendre par soi-même.
- Que penses-tu de l’évolution du Street-art ?
Le Street Art est un électron libre et c’est tout qu’on lui souhaite, de continuer à évoluer librement, sans contraintes, chacun faisant ce qu’il aime, car c’est bien le seul but l’expression artistique dans la rue. Rester un art éphémère et sans limite qui s’approprie l’espace urbain pour le plus grand plaisir des passants qu’ils soient ou non réceptifs à l’art.

- Les projets d’Abject ?
Je n’ai rien de prévu pour le moment, en fait je me laisse porter par mes voyages et rencontres pour déterminer ce qui viendra stimuler mes futurs projets, mais pour ceux qui aiment mon travail ou qui ne me connaissent pas encore, facebook vous tiendra au courant de mes actualités et ce de manière quasi quotidienne.


Peace, Love & Unity.
Abject_One
Retrouvez quelques skectchs publiés régulièrement sur son Facebook.
Site : www.abjectone.com



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